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La Collectivité Européenne d’Alsace : un nouveau grand département ?

Les Alsaciens souhaitent quitter le Grand Est. C’est ce qu’affirme un sondage de l’IFOP (Institut français de l’opinion publique) pour le Club Perspectives Alsaciennes (CPA) publié le mardi 7 janvier dernier. Une grande majorité des sondés souhaitent que la Collectivité Européenne d’Alsace se dissocie du Grand Est. 

À la demande des préfets du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, le projet de loi de la Collectivité Européenne d’Alsace a pour objectif de rassembler les deux départements en une seule et même entité. Cette mesure a été promulguée le 2 août 2019 et sera instaurée au 1er janvier 2021. Cette nouvelle création ravive le débat sur les grandes régions. 

Un débat toujours d’actualité

Infographie issue de l’étude IFOP.

Le Club Perspectives Alsaciennes, à l’origine de l’étude, est un groupe de réflexion et d’actions politiques. D’après leur site internet, ils sont opposés à la réforme des collectivités imposée par le gouvernement en 2015. Ils souhaitent que l’Alsace sorte de la “prison administrative” qu’est le Grand Est. D’après Jean-Philippe Atzenhoffer, fondateur et trésorier du groupe, le but du sondage était de “mesurer l’adhésion des Alsaciennes et des Alsaciens à l’idée de créer une nouvelle région Alsace hors du Grand Est, à partir de la CEA”.
Le sondage révèle que 68% des Alsaciens souhaitent que la Collectivité Européenne d’Alsace devienne une région hors du Grand Est. D’après M. Atzenhoffer, “Les résultats montrent que cette volonté est largement partagée, et que les Alsaciens sont prêts à voter en faveur d’un parti qui présente un tel projet”.
Effectivement, l’étude montre aussi que plus de la moitié des votants seraient aussi capables de voter pour un parti incarnant ces idées. 

Chiffres issus de l’étude IFOP.

En Alsace, le parti régionaliste “Unser Land” cherche à occuper ce rôle. Le secrétaire général du parti Martin Meyer se félicite. Il affirme que sans son parti et une pression constante exercée sur le gouvernement, rien n’aurait été mis en œuvre. Malgré tout, la CEA est perçue comme un prétexte par le parti. Elle est vue comme une simple mesure pour répondre aux attentes des Alsaciens mécontents.

Un futur flou

Infographie issue de l’étude IFOP.

Un chiffre affirme que 46% des sondés étaient mal informés sur l’instauration de la Collectivité Européenne d’Alsace. Ce chiffre est important mais la communication sur l’instauration de cette nouvelle territorialité peut remettre en question les résultats énoncés précédemment. Seul le fait de voir une nouvelle Alsace apparaître semble séduire les votants. anvinvi

Martin Meyer affirme d’ailleurs que l’échéance est proche. Lui et son parti s’attendaient à une densité de communication, notamment à l’annonce de nouvelles propositions. Mais il n’en est rien. Il ajoute que “c’est à nos élus d’en faire quelque chose”. Il ne pense pas non-plus que “ce sera une solution qui puisse restituer l’Alsace qui n’aurait jamais dû disparaître”.

Sans communication, le CPA évoque tout de même des souhaits à long-terme dans leur projet disponible sur leur site. M.Atzenhoffer détaille quelques champs d’action comme des “projets d’infrastructures” et des projets “dans la langue et la culture”. Une communication officielle et des annonces sont attendues à un an de l’instauration de cette nouvelle territorialité. « A terme, la volonté est de clairement sortir du Grand Est, explique une source proche du dossier. Ce n’est pas un Département, nous avons des compétences qui vont au-delà . C’est ce qui nous permet de poser un premier jalon vers une entité plus proche d’une région. Une région avec une liberté plus grande pour pouvoir coopérer avec nos voisins allemands et suisses. »

Léo Doré

Sources :
– L’étude IFOP sur la Collectivité Européenne d’Alsace :
ici
– Le projet de loi de la Collectivité Européenne d’Alsace :
ici

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