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Poutou, le candidat qui détonne

Pour l’élection présidentielle, Dockinfos propose une série d’articles consacrée aux candidats. Le but : informer les nouveaux électeurs sur chacune des personnalités qui se présentent pour le prochain quinquennat. Une série réalisée par les étudiants en école de journalisme de Strasbourg.

C’est la troisième fois consécutive qu’il se présente aux élections présidentielles sans jamais dépasser les 1,15% au premier tour. Qui est Philippe Poutou, le candidat d’extrême-gauche qui préfère les jeans aux costumes ?

Il est anticapitaliste, antiraciste, anti misogyne ; Philippe Poutou est « anti » beaucoup de choses, il combat toutes les formes d’oppression. Représentant du Nouveau Parti Anticapitaliste, anciennement Ligue communiste révolutionnaire, il souhaite « relancer la machine de la contestation » et contraster avec les autres candidats à l’élection présidentielle, notamment de par le milieu social dont il est issu. Né le 14 mars 1967 à Villemomble, en Seine-Saint-Denis, il est originaire d’une famille modeste : son père est postier, sa mère est femme au foyer. Un parcours scolaire interrompu, aucun diplôme en poche, Philippe Poutou est embauché dans une usine Ford en tant qu’ouvrier réparateur de machines-outils en 1996.

« Je crois que je suis le seul à avoir un métier normal », dit-il d’ailleurs en avril 2017 lors du débat télévisé à 11 de l’élection présidentielle. Aux côtés du syndicat de la CGT, il est connu pour son implication dans le mouvement contre la fermeture de cette usine, permettant ainsi de maintenir 955 emplois. Elle finira cependant par fermer ses portes en septembre 2019. Philippe Poutou est licencié. Mais depuis juin 2020, il est conseiller municipal de Bordeaux et de sa métropole.

Un personnage atypique

« Militant » est le qualificatif qui revient le plus fréquemment quand on demande aux membres du NPA de décrire leur représentant. C’est ce qu’a également indiqué Alain, retraité strasbourgeois et membre du parti depuis 2002. Philippe Poutou est un élément perturbateur du paysage politique : il a obtenu in extremis ses 500 parrainages (dont la signature de Jean-Luc Mélenchon), mais ne prétend pourtant pas à la fonction de président de la République. Révolutionnaire, Poutou qualifie cette fonction d’antidémocratique. Lui, il s’engage dans l’élection avec pour objectif d’exprimer une idée de révolte et de dénonciation.

Au lycée en 1984, il se disait déjà anarchiste, de quoi confirmer la singularité de son parcours politique. Le temps passe et Philippe Poutou reste fidèle à lui-même : un homme simple, convaincu et décidé à ne pas se soumettre aux codes. Lors d’un débat, pourquoi se vêtir d’un costume alors qu’un jean et un t-shirt font l’affaire ? Malgré tout, le candidat d’extrême-gauche a un programme qui comprend notamment la retraite à 60 ans, une sixième semaine de congé payé, la sortie du nucléaire en dix ans, le smic élevé à 1800€ net et la répartition des richesses. Il en reconnaît la part d’utopie.

Encadré : Poutou et le NPA en colère

L’élection présidentielle de cette année n’est pas précédée d’un débat démocratique entre les différents candidats. De quoi faire gronder Philippe Poutou, qui n’a déjà pas été invité lundi 14 mars 2022 sur le plateau de TF1. Seulement huit candidats se sont succédés lors d’une émission intitulée « La France face à la guerre ». « Il n’y a pas de confrontation, c’est du jamais vu. C’est comme Macron qui ne veut pas débattre avant le premier tour, c’est un réel mépris, on est furieux », s’exclame Sophie, 32 ans, membre strasbourgeoise du parti.

Emma Kuhn

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