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Une « Singulier.e » exposition sur les genres

Depuis le 10 janvier, Solène Dumas expose ses sculptures et dessins à L’Oiseau Rare à Strasbourg. Un avant-goût de son exposition à Paris qui aura lieu en septembre, où une cinquantaine d’oeuvres seront présentées. L’objectif : briser les codes sur le genre.  

Parler différemment des sexes, des genres et des stéréotypes. C’est le défi que s’est lancée Solène Dumas. Entre les rangées de livres et les tables de café, des sculptures et des dessins qui représentent… des sexes. Petits ou grands, masculins ou féminins, une vingtaine sont présentés au public. Mais attention, ce n’est ni une exposition sur la sexualité, ni « de la provocation » pour l’artiste plasticienne de 34 ans. Ces parties de l’appareil génital sont sculptées dans de la porcelaine blanche, puis insérées dans de la fourrure. Ces « petits êtres », comme elle aime les appeler, sont un moyen de comprendre le droit à la différence. Une thématique sur laquelle elle travaille depuis plusieurs années. Si elle a créé des objets sur la place de la femme dans la société ou sur l’anatomie en général, ces sculptures sur le genre sont une première pour elle. Pour Nadine, spectatrice, « c’est sûr qu’on ne voit pas ce genre d’oeuvres partout mais c’est une bonne chose. »

L’exposition « Singulier.e » sera présentée jusqu’au 25 janvier. / C. Florentin 

« Donner la parole à la différence » 

En plus des sculptures de l’anatomie purement féminine ou masculine, l’artiste a décidé de parcourir l’ensemble des genres. Elle a pu reproduire le sexe d’une personne transgenre. Elle s’est inspirée des sexes féminin et masculin pour le sculpter. L’objectif pour Solène Dumas est de montrer le « large prisme qui existe entre l’homme et la femme ». Pas question pour elle de mettre en opposition ces deux genres. Depuis qu’elle a commencé à créer il y a 9 ans, la singularité et le corps humain ont toujours fait partie de son questionnement. Et quand quelqu’un lui parle de ses peurs, elle ne mache pas ses mots : « Ce n’est pas la vulgarité qui me fait peur, c’est d’être enfermée dans une case ou de blesser des personnes en souffrance. » 

Le rôle de l’éducation 

Si les oeuvres sont assez crues et détaillées, il n’y a pas de limite d’âge pour assister à l’exposition. Pourquoi ? Simplement car elle estime que tout le monde peut voir son travail, pour, par exemple, « essayer de s’accepter un peu plus ». D’ailleurs, elle pense que ces questions ne sont pas suffisamment abordées dans l’art et l’éducation. « Nous nous retrouvons tous confrontés à des préjugés et des stéréotypes qui sont rattachés à notre genre qui nous a été imposé dès la naissance. » En fait, beaucoup de tabous et de stéréotypes sont basés sur une construction sociétale. Ce sont ces choses acquises qui « génèrent de la souffrance » pour les personnes qui se sentent différentes. Si elle s’attend à la virulence de certains sur ce « thème casse-gueule », elle est convaincue que l’art peut « nous rendre plus tolérant ». 

Horaires : Du Vendredi 10 Janvier 2020 au Samedi 25 Janvier 2020 de 10h à 19h
Adresse : L’Oiseau Rare – 23 Quai des Bateliers, 67000 Strasbourg
Tarif : Gratuit

Coralie Florentin

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