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Les violences policières renforcent la fracture sociale de la France

Un sentiment d’insécurité a envahi la France depuis la crise des Gilets Jaunes. Dès le début des manifestations fin 2018, les violences policières se sont accentuées. Ces représentants de l’Etat n’inspirent plus confiance et sont très souvent critiqués.

Même s’il n’existe pas d’étude sur l’évolution des violences policières, la population observe une augmentation de la méfiance envers les forces de l’ordre. Depuis le début de la crise des Gilets Jaunes, des faits de violences sont commis par des agents de police. Malgré ça, l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale) dénombre plus de 20 000 tirs de lanceurs de balle de défense en 2019. C’est un record à l’échelle de l’Union Européenne.

Les manifestations ont perdu de leur ampleur pendant quelques mois. Mais elles reprennent de plus belle depuis l’annonce de la réforme des retraites. Comme résultat, une nouvelle rencontre entre citoyens remontés et forces de l’ordre désorientées. Le président de la République a affirmé en janvier attendre « la plus grande déontologie » de la part des forces de l’ordre et de l’IGPN. Mais ce service est controversé, appartenant à la police nationale, il est accusé de minimiser les faits.

Des forces de l’ordre encadrant des manifestations.
CP: Manon Touati

Des actes qui choquent

Lors de la manifestation du 21 septembre, plus de 50 000 personnes ont battu le pavé dans la capitale contre la réforme des retraites. Orlane, étudiante strasbourgeoise en week-end a Paris a été prise à partie par les CRS encadrant la manifestation. « J’étais sur les champs Élysées en train de faire du shopping et j’ai vu des tas de CRS courir vers nous ».

Avec son compagnon, ils arrivent à se réfugier de justesse dans un magasin avant qu’il ne ferme ses portes. Mais un homme tente de rentrer lui aussi, en vain. Il décide donc de s’asseoir et laisser passer la manifestation. « Et là il y a trois policiers qui arrivent, ils commencent à lui mettre des coups de pied et s’acharnent sur lui alors qu’il n’avait rien fait » décrit Orlane. Après deux heures a observer les rixes entre policiers et manifestants, ils s’échappent par une porte qui donne sur une rue perpendiculaire. « J’étais choquée de la violence gratuite qu’il y a eu » témoigne Orlane. Mais depuis septembre, d’autres victimes ont témoignés des actes qu’elles subissaient. C’est pourquoi, il y a aujourd’hui un sentiment d’omniprésence des violences policières en France.

Un ras le bol mutuel

Si les violences policières donnent l’impression d’être ignorées par le gouvernement, elles ne sont pas laissées pour compte. Christophe Castaner s’est exprimé le 11 janvier dernier depuis la place Beauvau, à Paris. Il a affirmé que « l’usage de la force par les policiers doit être proportionné ». Pourtant, en ce qui concerne la justice, 212 enquêtes sur les violences policières ont été confiées à l’IGPN. Mais seulement deux policiers sont envoyés devant un tribunal pour des faits de violences.

Un des facteurs d’augmentation de ces actes est, selon Jean*, CRS a la retraite, la fatigue due a des « mois de travail tous les week-end ». « Les policiers subissent depuis plus d’un an des manifestations toujours plus violentes comme celle du 5 décembre 2018. Il y a une escalade de la violence et il va vite falloir agir » affirme-t-il. En conséquence, ce ras le bol mutuel accentue le sentiment d’insécurité. La multiplication des vidéos de violences partagées sur les réseaux sociaux renforce aussi ce sentiment. Et il cristallise la méfiance des citoyens envers les forces de l’ordre.

*ce nom est modifié pour des raisons de confidentialité 

Manon TOUATI

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