
Longtemps mis de côté, le vinyle revient en force chez les jeunes Strasbourgeois. Sur les marchés ou dans les boutiques, la génération Z lui offre une seconde vie.
Alors qu’il prenait la poussière dans les greniers de certaines personnes, le vinyle est réapparu sur les étalages de marchés à Strasbourg. Un regain d’intérêt qui s’est manifesté notamment chez la jeune génération, qui a décidé de lui donner une seconde chance. Les disquaires de l’Eurométropole voient affluer une clientèle de plus en plus jeune, curieuse de découvrir ou redécouvrir cet objet culte.
« Dans mon magasin, il y a toutes les générations »
François Follenius, propriétaire de Music Non Stop
Les jeunes collectionneurs sont en quête d’un son plus authentique et d’un rapport différent à la musique. « Dans mon magasin, il y a toutes les générations », affirme François Follenius, propriétaire de Musique Non Stop à Strasbourg. Passionné depuis sa jeunesse, le disquaire a ouvert sa boutique il y a trois ans. « Il y a 20 ans, le vinyle était ringard. Aujourd’hui avec les séries TV, c’est revenu à la mode », conclut-il.
Un effet de mode
Une partie des jeunes acheteurs de disque n’a pas de quoi lire le vinyle chez eux. « Beaucoup achètent le vinyle juste pour le côté esthétique et le côté tendance. C’est devenu un objet de déco pour certains », souligne-t-il. « Mais il faut savoir que la tranche 18-35 ans représente la moitié des acheteurs », ajoute le disquaire.
Un héritage familiale
Si les réseaux sociaux participent à la mise en avant du vinyle, l’explication ne se limite pas là. Pour beaucoup, la passion du disque noir est une histoire de famille. « C’est ma maman qui m’a fait découvrir les vinyles », raconte Garance Collet, 19 ans, qui collectionne plus d’une dizaine de vinyles. Même son de cloche pour Louise Marchand, qui possède un peu plus de 70 vinyles : « Mon père m’a montré ses vieux vinyles un jour au grenier, et depuis, je suis fascinée par l’objet », explique la jeune fille. Pour garder un côté « vintage » du disque, certains se tournent vers la seconde main. « J’en ai acheté une dizaine en brocante, parce que c’est moins cher mais ça permet aussi de discuter avec l’ancien propriétaire », ajoute-elle. En France, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les ventes de vinyles ont triplé en quelques années, passant de 1,8 million d’exemplaires vendus en 2016 à 5,4 millions en 2022, selon une étude Statista réalisée en 2023.
Candice Gay
Légende photo : La boutique de Music Non Stop à Strasbourg. © Candice Gay