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Ouverture d’un bar Queer à la Krutenau

 Le « canapé queer », un bar LGBT+, ouvrira lundi 17 janvier ses portes à Strasbourg. Un établissement consacré à la culture queer, un anglicisme qui désigne communément les minorités sexuelles ou de genre.

 À quelques pas du Square des Orphelins, au centre de la Krutenau, une nouvelle enseigne ouvre ses portes. À l’emplacement de l’ancien bar irlandais le « Nelson » se trouve maintenant le « canapé queer ». Changement d’ambiance, de décorations, et de propriétaire. Après 25 années passées dans l’industrie pharmaceutique, Clément Rose, le nouveau patron et Strasbourgeois d’origine, confie avoir « toujours voulu son propre bar. » Un plan social dans son ancienne entreprise et un an de salaire d’indemnité lui ont permis de réaliser cet objectif. « J’aurais pu retravailler dans la pharmacie, mais j’ai beaucoup réfléchi et je voulais faire quelque chose d’utile. J’aime Strasbourg et ce genre de lieu manque », explique-t-il.

Une absence de ce genre à Strasbourg

 Ce globe-trotter a pu le constater lors de voyages dans des villes comme Berlin ou Amsterdam, où ces lieux foisonnent. « Je suis persuadé que ça va marcher, il y a un vrai engouement sur les réseaux et on reçoit beaucoup de messages. Il existe quelques endroits où la communauté LGBT+ se rencontre à Strasbourg, mais aucun n’y est totalement consacré », estime Clément Rose, avant de préciser : « Mais évidemment le bar est ouvert à tous, peu importe leur orientation ! »

 Quant à la décoration, les murs accueillent des dizaines de vinyles d’artistes issus de la culture queer. De Georges Michel à Lil Nas X, en passant par Frankie goes to Hollywood, autant de grands noms qui font la musique écoutée sur les postes. Certains de ces vinyles sont des éditions qui ont été censurées par la suite, car les pochettes étaient jugées trop provocantes.

Un aspect culturel omniprésent

 Parmi les ouvrages présents et en libre-accès, on retrouve des biographies d’artistes de la communauté LGBT+ qui ont marqué l’histoire. « La nouvelle génération queer s’assume beaucoup plus que nous à notre époque, mais certains ne savent pas forcément d’où ils viennent, et qu’avant il y a eu des combats pour en arriver là », rappelle le nouveau propriétaire. Le choix de la carte aussi a été repensé. On retrouve ainsi 2 bières « engagées » : la R for diversity, dont une partie des bénéfices est redistribuée à l’association « le refuge » accueillant les jeunes mis à la porte de leur maison pour leur orientation sexuelle ; et la Brooklyn Stonewall, rappelant les émeutes de Stonewall en 1969, considérées comme le premier mouvement de lutte de la communauté LGBT+.

Lionel ROMANI