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Le Jura : temple des sports nordiques

Contrairement au ski alpin, les activités de fond et de randonnée tirent leurs épingles du jeu en pleine crise sanitaire. Le massif du Jura, réputé pour être un des hauts-lieux français des disciplines nordiques, voit son nombre de skieurs exploser cet hiver, mais aussi sa mythique épreuve, la Transjurassienne, être annulée.  

Bienvenue au paradis nordique : entre Doubs, Jura et Ain, le relief jurassien constitue un cadre idéal pour une grande bouffée d’air frais. Skis de fond, de randonnée, ou raquettes, ces disciplines oubliées à l’heure de gloire du ski de descente sont cette année devenues les grandes stars de l’hiver. Entre sapins enneigés et lacs gelés, plus de 3000 kilomètres de pistes s’étendent dans les vastes montagnes jurassiennes pour se défouler spatules aux pieds. À la frontière suisse, ces disciplines nordiques sont vues comme une religion, et ont pu donner à la France de grands champions. 

« On sent une bascule du ski alpin vers le ski nordique »

Tous les acteurs des activités en montagne ont dû s’adapter afin de pouvoir proposer un maximum d’activités.  « Pour le mois de février, on estime perdre environ 65% des locations, avec la perte de l’alpin cette saison ». Mais grâce aux conditions d’enneigement exceptionnelles et au ski nordique, on va faire une bonne saison. », confie le gérant du magasin Pécoud Sports, spécialiste de la location de skis. « La nouveauté, c’est la différence de clientèle. On sent que des habitués du ski alpin ont fait la bascule sur le nordique. Les spécialistes du skis ne sont pas les seuls à constater l’approche d’une nouvelle clientèle cette année » .  « Si la pratique du ski de fond est habituellement destinée aux habitués, elle est cette année en plein essor auprès d’un public  « premières glisses », explique-t-on à l’office du tourisme du Val de Mouthe (Doubs). 

Le ski de fond, plus qu’une alternative ?

 « Les pistes sont fermées, mais on a quand même l’envie de faire un sport de glisse, le ski de fond est une bonne alternative et une bonne occasion de faire du sport. » , estime Nicolas, snowboardeur jurassien. Si le monde du ski se divise en deux catégories entre descente et fond, pratiquer l’un n’empêche pas de découvrir l’autre. Cette année, c’était l’occasion idéale pour Nicolas de s’ouvrir à la pratique du ski de fond.  » Les sensations étaient vraiment géniales, et on compte bien y retourner de nouveau cet hiver. Je ne dis pas que je ne ferais plus de snowboard, loin de là, mais le ski de fond c’est un autre effort, d’autres sensations » .

La Transjurassienne annulée 

Après une annulation en 2020 par manque de neige, la plus grande course de ski de fond française, qui fêtait cette année sa 46ème édition, a dû de nouveau être annulée par ses organisateurs. Elle devait se disputer les 13 et 14 février prochain. Cette année, la neige était bien de la partie, mais l’unique responsable est sans surprise la crise sanitaire. Une décision prise mardi 26 janvier, qui condamne l’épreuve mythique de la discipline. De Lamoura jusqu’à Mouthe, 1200 concurrent étaient déjà inscrits, ces derniers peuvent reporter leurs inscriptions à 2022. C’était la seule épreuve française du calendrier de la Coupe du Monde de la discipline. 

Augustin Thiéfaine